Turco : une couverture particulière

En janvier prochain, sort notre premier livre : Turco, au sein de notre collection Tout est vrai ou presque. Il nous a fallu trouver des solutions pour retranscrire graphiquement ce récit “gonzo” tout en pensant un principe de collection pour nos textes à venir.

Sources iconographiques fournies par Antonio de Martini, fils de Francesco

Sources d’inspiration

Le point de départ a été pour Thierry, notre directeur artistique, de se baser sur les éléments concrets dont nous disposions : le manuscrit de Sylvain Chantal mais aussi un certain nombre de sources iconographiques que nous a confiées Antonio de Martini, fils de notre “héros”.

Il était nécessaire de prendre en compte différents éléments : l’époque, l’univers de l’ouvrage, le ton et l’histoire tout en gardant en tête la conception pérenne d’un système assez flexible pouvant s’adapter aux prochains livres de la collection.

Par la suite, Thierry a procédé à des recherches sur les typographies italiennes et européennes des années 1930-1940 afin de trouver l’identité typographique idéale. Notre objectif était ainsi de créer un système de couverture qui soit exclusivement typographique plutôt que de jouer sur la photo ou l’illustration, nous permettant ainsi de nous singulariser.

Inspirations typographiques Art Déco

Premières propositions

Suite à ces essais, nous avons opté pour la seconde piste pour son caractère typique des années 1930 italiennes. L’idée d’une carte en fond a été abandonnée car difficilement applicable dans la durée au sein de la collection.

Variations et tests

Une fois le principe général validé, nous avons travaillé sur des “variantes” pour : le positionnement du nom de l’auteur et de la maison d’éditons, le choix des couleurs, la composition et les principes graphiques pour chaque face du livre.

Finalisation

Après un savant mélange de toutes ces multiples possibilités nous avons défini la version définitive de la couverture et de l’ensemble de son environnement. Soit dans la vraie vie : trouver un consensus entre nous trois (dans l’écoute et la bienveillance), puis recueillir l’aval de l’auteur. Grazie!

Workshop Édition ECV Nantes feat. Bouclard

En janvier dernier, nous avons mené un workshop avec des étudiants de l’ECV Nantes à la fois issus des Mastères Design et Digital. L’idée était de leur donner une semaine pour créer une maison d’édition (nom, logo, identité, ligne éditoriale) et produire trois livres appartenant à une même collection. Ligne, contraintes de coût, marché du livre… les étudiants devaient donc à la fois réfléchir au fond et à la forme. Charge à nous de les accompagner (en toute bienveillance) et de partager notre expérience Bouclard.

Premier jour : conférences et intro du workshop

Une semaine avant le début du workshop nous avions donné aux élèves plusieurs textes courts à lire (littérature américaine du 19e) :

Le dernier des Valerius (Henry James)
Une tranche de bifteck (Jack London)
Une nuit à l’hôtel de la Baleine (Herman Melville)
La chute de la maison Usher (Edgar Allan Poe)
La désobéissance civile (Henry david Thoreau)
Un pari de milliardaires (Mark Twain)
La sonnette de madame (Edith Wharton)

Puis dès le lundi matin nous rentrions dans le vif du sujet avec une conférence de Cyril Gay, traducteur, co-fondateur des éditions Marchialy (qui publie notamment Jack Adelstein). Direction artistique, achat de droits, diffusion, stratégie de développement et de communication… aucun sujet crucial du métier d’éditeur n’a été épargné.

S’en est suivi une conférence de Thierry (le directeur artistique chéri de Bouclard Éditions) qui a présenté aux étudiants de l’ECV, via moults slides (il aime les slides Thierry), le travail de DA, de création typographique sur mesure et de promotion du numéro 1 de notre revue. L’après-midi a débuté par un court rappel de Clément sur la chaîne du livre et ses acteurs (éditeur, diffuseur, libraire…), le droit d’auteur, la commercialisation, le prix du livre, l’ISBN…

Ce après quoi, les 24 étudiants (répartis en 3 groupes) ont choisi 3 textes parmi les 7 que nous leur avions proposés. À eux de définir leur maison d’édition (ton, genre, cible…) et justifier de leur choix de textes pour proposer une vraie cohérence d’ensemble. 

Deuxième jour : définition des maisons

Trois maisons d’édition ont émergé : 

Da Capo (définition de ce terme latin ici), maison imaginant un lien entre les textes du passé et le présent.
Homa (personne, ou individu en espéranto) où le point commun entre les textes se centrait autour de la richesse VS la pauvreté, la quête individuelle…
Sans césure se focalisant sur le lien continu entre textes du 19e et préoccupations contemporaines.

Troisième jour : développement de la DA

Division du travail = recherche d’efficacité. Certains travaillaient sur le logo, d’autres sur le principes des couvertures, sur l’exé intérieure ou sur la promotion de la maison d’édition (site, stratégie marketing, réseaux sociaux)…

Quatrième jour : finalisation

La fameuse charette. À seulement 24h du rendu final, il leur restait encore beaucoup de boulot : relecture des textes, application des règles d’ortho-typographie… Le souci du détail quoi ! De nombreux prototypes ont été réalisés dans un temps record (massicot mon meilleur ami) pour éprouver des concepts de mise en page ou de façonnage.

Cinquième et dernier jour : jury ! 

Entre collage, dernières impressions, il leur a fallu préparer leurs oraux puis défendre leurs projets devant un jury composé de Catherine Loget, directrice de l’ECV Nantes ; Héloïse Nguyen, chef de projet éditorial ; et de nous trois.

SANS CÉSURE

Une identité forte, avec un parti-pris assez minimaliste. Le titre de l’ouvrage court sur la couverture et la quatrième de couverture. Ce principe se retrouve sur les autres documents de communication comme les cartes de visite, invitations… L’intérieur du livre est composé en drapeau pour éviter les césures et des photos contemporaines font écho au sujet du texte.

DA CAPO

Le signe de la notation musicale Da Capo est formé par une ligne oblique qui sépare deux éléments en miroir l’un de l’autre. Ce groupe a développé ce principe visuel sur l’ensemble de leur communication (papier ou digital) afin d’évoquer ce lien entre passé et présent. Le couvertures affichent, d’un côté, des photos avec un traitement de gravures sombre et de l’autre des images plus “numériques” utilisant les codes contemporains (bitcoins, emojis, SMS)…

HOMA

L’approche d’Homa était plus graphique, plus “illustrative”. L’idée d’humain, d’humanité étant très présente dans leur travail, leurs illustrations apportait du “fait-main” dans leurs ouvrages.

***

Là c’est la photo finish (mais où est Clément ?) et tout le monde est content du travail accompli dans un timing serré serré. Merci à l’ECV pour sa confiance et aux étudiants qui se sont réellement impliqués (et qui ont produit un grande quantité de travail). Nous avons quelques idées pour la suite. Nous sommes convaincus qu’un travail sur design éditorial et une approche alliant forme et fond du livre est une vraie plus-value pour des étudiants qui seront les DA de demain.

Vernissage de la revue Bouclard N°1

Le vernissage de notre numéro 1 le jeudi 13 déc. 2018 c’était fou. Merci à toutes et tous, contributeurs.rices, d’être venu.e.s fêter cela avec nous. Vous étiez beaux.belles. Maintenant à vous de nous lire. Gros merci à l’équipe de la librairie Coiffard, à Thierry du Café Landru et tous nos partenaires, auteurs, contributeurs… Ainsi qu’à Cravan (oui il était là) et Delphine Bretesché pour leurs lectures. Bouclard : round 1 !
Photos de qualitay par Nelly Greslé.